UN PIEGE GETTE LES COMORES

UN PIEGE GETTE LES COMORES
Le peuple comorien s'est exprimé librement le 14 mai dernier. Il n'y a rien à dire. Et il a choisi Ahmed Abdallah Sambi de porter son sort pour les quatre années à venir.
Que cela plaise à certains et déplaise à d'autres, c'est la démocratie qui l'a emporté. Les Comoriens ont dit leur ras-le-bol face à un pouvoir qui les a exaspérés.
L'essentiel c'est que pour la deuxième fois dans l'histoire de notre pays - la première fois en 1996 lors de l'élection de Mohamed Taki - les Comoriens ont eu le dernier mot.
Ils se sont aussi, peut-être, laissés conquérir par un discours rigoureusement taillé, dont la teneur ressemble fortement au populisme. Mais il est trop tôt certes pour porter un jugement.
Le nouveau président des Comores, fringant de rupture et prometteur de changement, rassure de pouvoir aménager religion et démocratie pour mieux gouverner.
Il espère également faire cohabiter, pour le soutien de son pouvoir, les idéologies, pourtant contradictoires voire incompatibles. Pour s'en convaincre, il suffit d'observer la physionomie des différentes forces qui se sont déployées pour lui permettre d'écraser ses adversaires.
Et bien, le piège est là. Soutenu par les amis et les ennemis de l'Occident et de la France plus particulièrement, par les partisans et les opposants d'un régime islamique aux Comores, Sambi ne doit pas se croire épargné.

Gommer son image d'islamiste présumé

Donc rien ne semble être gagné d'avance. Les clans ne tarderont pas à se former au sein du pouvoir, selon les couleurs de son premier gouvernement. Sur quoi s'appuiera-t-il pour faire la synthèse qui est plus que jamais nécessaire pour gommer son image d'islamiste présumé.
Créneau difficile pour Sambi qui dispose de tous les atouts pour être soutenu par les pays arabo-musulmans, mais qui sera minutieusement observé par la France, jusqu'à présent premier bailleur de fonds des Comores. Celle-ci connaît mieux que quiconque tous les rouages de l'État comorien, et elle a toujours été prête à tout pour garder sa mainmise et son hégémonie dans l'archipel des Comores.
Le soutien -même sans conditions, comme on ne cesse de nous répéter- porté à Sambi par les anciens faucons n'est pas innocent.
Derrière tout cela, quelque chose se dissimule. C'est ce que le nouveau président devrait méditer, s'il veut que son mandat aille jusqu'à son terme et qu'il soit celui de la rupture et du changement promis, et non celui du regret et de la déstabilisation.
Ali Mmadi

Article pru dans Kweli N° 15
# Posté le dimanche 20 août 2006 10:21

Comores music awards, loin d'être credible

L'initiative est salutaire, personne ne peut la contester, sauf à avoir un lot de mauvaise foi. Promouvoir la musique et les artistes comoriens devait être le combat de tous. Malheureusement, l'inconscience de nos concitoyens et surtout l'irresponsabilité des pouvoirs publics comoriens dominent la situation. Et c'est tout le secteur musical comorien qui souffre.
Comores music awards aurait donc pu être un tremplin pour les artistes comoriens, jusque-là livrés à eux-mêmes, mais qui restent toujours fidèles à leur culture musicale.
Tout le monde avait cru en cela. D'abord les artistes, au départ courtisés par les organisateurs, puis le public qui a profité de cet événement pour admirer un spectacle comoro-comorien et rencontrer les stars de l'archipel.
Le corbeau et le renard
C'est un moment chaud et fort qu'ont vécu les plusieurs centaines de Comoriens qui se sont rendus au Millénaire, à Paris, au soir du 8 juin 2006. Les artistes ont assuré.
Mais au-delà du spectacle, ce sont des artistes mécontents d'une organisation catastrophique et d'un traitement inacceptable. La promotion promise par les organisateurs n'a pas été assurée, ni pour les artistes ni pour leurs œuvres. Aucune présence non plus de producteurs ni de distributeurs.
Pire encore, aucun plan de promotion de la culture comorienne à travers la musique n'a été présenté. Les organisateurs n'ont même pas eu l'audace d'expliquer ce que vont servir les 49 000 € de recettes récoltés au soir de Comores music awards.
Certaines personnes proches du projet, n'hésitent pas à assimiler cette histoire à celle du corbeau et du renard. Espérons simplement que les éditions prochaines seront organisées par des gens crédibles, et surtout soucieux de la culture et des artistes comoriens.
# Posté le mardi 15 août 2006 11:19